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Comores : Mohamed Bacar doit être jugé aux Comores

L’extradition de Mohamed Bacar et ses acolytes aux Comores est incontournable

Depuis 1997, les Comores ont connu la période la plus sombre de son histoire caractérisée par le séparatisme soutenu de près ou de loin par la France.

Le Gouvernement de l’époque avait mis en œuvre une intervention militaire pour rétablir l’ordre républicain a Anjouan. Commandant de la Gendarmerie d’Anjouan, Mohamed Bacar a trahi l’armée comorienne lors du débarquement du septembre 1997 qui s’est finalement soldé en fiasco. C’est une haute trahison pour la Nation Comorienne. Ce qui constitue le premier Chef d’inculpation.

En oeuvrant énergiquement pour le blocage institutionnel en vue de la dislocation des Comores, Mohamed Bacar a constamment violé la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Article 29 : al. 3. De ne pas compromettre la sécurité de l’Etat dont il est national ou résident ; et al. 4. De préserver et de renforcer la solidarité sociale et nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée ; la déstabilisation institutionnelle et la dislocation du pays. Ce qui constitue le 2ème chef d’inculpation.

Dictateur, tortionnaire fanfaronnant, le despote Bacar a mis en œuvre une politique répressive criminelle caractérisée par des tortures, des exils forcés, des emprisonnements, des enlèvements, des assassinats, des infanticides, des viols…bref des actes de crime contre l’humanité. Ce qui constitue le 3ème chef d’inculpation.

Il a ensuite mené l’île comorienne d’Anjouan et les anjouanais à la misère économique en bloquant toute initiative de développement, en détournant les deniers publics et en vidant à son profit personnel les caisses de l’État. Bref des actes de crime économique. Ce qui constitue le 4ème chef d’inculpation.

De plus, il a attaqué l’Armée Nationale de Développement et l’Armée de l’Alliance de l’Union Africaine. Pire encore, il a ordonné officiellement à ses milices de ne respecter aucune convention de Genève relative aux droits de la Guerre. Dans son discours officiel du jour de l’ide Elkabir, il a clairement dit : « tout soldat de l’AND ou de l’alliance de l’Union Africaine doivent comprendre que je ne peux pas entretenir des prisonniers de guerre. Je les tuerai au fur et à mesure. BALAHE MLIMBWA ». Bref, une tentative de crime de guerre Ce qui constitue le 5ème chef d’inculpation.

Face à ces multiples chefs d’inculpation, la FCDH se demande pourquoi et comment la France peut accorder à cet homme un droit d’asile ? En aucune manière, la France ne peut pas, sous peine de se déshonorer, déclarer l’universalité des Droits de l’homme et, parallèlement, protéger un homme responsable de crimes qui seront qualifiés de « crimes contre l’humanité ». De toutes les façons, la France ne doit pas vivre dans la double conscience. Et si, c’est le prétexte d’une absence d’une convention d’extradition que la France souhaite utiliser, les autorités françaises doivent bel et bien extrader Mohamed Bacar sur le fondement de la loi française du 10 mars 1927 relative à l’extradition des étrangers (toujours en vigueur). De plus, il n’est secret pour la France qu’un mandat d’arrêt international a été délivré par les autorités comoriennes à l’encontre de Mohamed Bacar. La France doit le respecter et elle se doit donc de livrer cet homme à la justice comorienne.

La FCDH a l’impression que la traduction de Mohamed Bacar en justice aux Comores, un tel procès ne risquerait finalement d’éclabousser gravement la France.

Ainsi, la FCDH demande au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, au Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, à la Cour Pénale Internationale, à la Délégation Générale aux Droits de la francophonie, à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, à l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme, à la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, à l’Organisation Mondiale Contre la Torture, à Amnisty International, à Human Rights Watch et la Cour Européenne des Droits de l’Homme de soutenir le Gouvernement Comorien en faisant pression sur les autorités françaises pour qu’elles extradent immédiatement et sans condition Mohamed Bacar et ses acolytes afin qu’ils soient jugés par la Justice comorienne dans les meilleurs délais.

Que le droit international des droits de l’homme triomphe.

Fait à Mutsamudu, le 29 mars 2008
Pour le Bureau Exécutif de la FCDH
Ahmed Mohamed Allaoui

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