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Violation des droits humains sur le terrioire français

Déclaration

Pour une reconduite à la frontière, la France viole les droits de l’homme et met en garde à vue un citoyen français et une responsable d’organisation de droits de l’homme.

Les organisations de défense des droits de l’homme mauritaniennes et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) ont appris avec indignation l’arrestation et la mise en garde à vue pendant 24 heures de Me Fatimata MBAYE avocat au barreau de Nouakchott, présidente de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), Vice présidente de la FIDH et membre de la Commission nationale des droits de l’homme ainsi qu’un médecin français répondant au nom de BERNARD Pierre Marie pour avoir protesté et manifesté leur indignation devant le cri de détresse d’un jeune homme objet d’une reconduite à la frontière française.

En fait, le 11 mars 2008 à l’aéroport de Paris Charles de Gaulle (CDG), le vol Air France 765 à destination de Nouakchott est retardé de quelques minutes sans aucune explication aux passagers. Une fois l’embarquement terminé et à l’intérieur de l’appareil (avion), et après le comptage des passagers par l’équipage, un cri de détresse étouffé retentit à l’arrière de l`avion en ces termes "aidez moiii ! Détachez moiii !!! Ils vont me tuer !" Alors tous les passagers sans exception se retournèrent pour voir ce qui se passe.

Le jeune homme en sangle sur le siège est en plus pressé par les policiers qui l`accompagnaient a l`intérieur de l`avion, afin de le faire taire. Etonnés et indignés par le comportement de la police, monsieur BERNARD Pierre Marie et Me Fatimata MBAYE demanderont aux policiers de détacher le jeune homme et que le traitement appliqué était inhumain et dégradant, qu`il s`agit d’un être humain et non un animal et que même les animaux ne doivent pas être traités de la sorte.

Alerté par l’équipage, le commandant de bord vint au secours de l`infortuné passager et les protestataires, en demandant aux policiers de le détacher. Mais devant le refus des agents de la PAF, il décida de le faire débarquer, ce qui n’a certainement pas plus aux policiers qui demandèrent un renfort. Quelques minutes après l’avion fut envahi par une vingtaine de policiers de la PAF guidée par un jeune policier très excité et une jeune femme, des menaces de passage à tabac furent proférées a l’encontre de Maître Fatimata MBAYE et de Monsieur BERNARD Pierre Marie s`ils refusaient de débarquer avec la police.

Devant de tels faits, l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), le FONADH, SOS Esclaves et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) dénoncent et protestent vigoureusement contre de tels agissements inhumains et dégradants pour tout être humain quels que soient sa situation juridique, sociale ou politique.

Pour la même occasion rappellent que pour autant la France ou n’importe quel pays dans le monde a le droit d’accepter ou de refuser l’admission de personne étrangère sur son territoire, pour autant, ces pays ont l’obligation de respecter et de faire respecter sur leur territoire l’intégrité physique et morale de tout individu présent sur leur territoire quels que soient son âge, son origine, sa religion et son sexe, l’inviolabilité de l’espace international et le respect du droit international humanitaire.

Lancent un appel urgent aux autorités françaises d’intimer à leurs forces de sécurité aéroportuaires de respecter les droits fondamentaux de la personne humaine et de montrer moins d’agressivité dans l’exercice de leur mission.

Exigent des pays africains et autres qui ont signé des accords bilatéraux concernant le rapatriement ou l’expulsion des étrangers, ressortissants de ces pays, de l’espace européen de suivre de près ces mesures d’expulsion et de reconduite aux frontières concernant leurs citoyens respectifs et de leur assurer le Devoir d’Assistance.

Jugent que la poursuite judiciaire initiée contre les militants de droits de l’Homme et du droit humanitaire, Me Fatimata MBAYE et Docteur BERNARD Pierre Marie est injuste, non opportune et de graves conséquences.

Enfin SOS Esclaves l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), le FONADH, et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) expriment toute leur solidarité aux personnes qui ont été victimes des mesures de reconduite à la Frontière dans ces conditions ainsi qu’à Maître Fatimata MBAYE et Docteur BERNARD Pierre Marie.

Nouakchott / Paris, le 23 mars 2008

uidh