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Tchad : Situation alarmante dans le pays
COMMUNIQUE
L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH) exprime sa vive préoccupation sur la situation au Tchad.
En effet, depuis l’attaque de N’Djamena par les rebelles les 2 et 3 février 2008, une chasse aux sorcières est organisée à travers le pays. Ainsi, trois grandes figures de l’opposition, Lol Mahamat Choua, Ibni Oumar Mahamat Saleh et Ngarlejy Yorongar ont été enlevées par des hommes armés juste après les combats et conduits vers une destination inconnue. Seul Lol Mahamat Choua a été retrouvé vivant le 14 février, mais les deux autres sont toujours détenus au secret et l’on craint pour leur vie.
Les journalistes sont également dans le collimateur du pouvoir, en témoignent les quelques faits :
Recherche par des hommes en uniforme de Laldjim Narcisse, Michael Didama de l’hebdomadaire "Le Temps" et Eloi Miandadji de l’hebdomadaire "Le Moustik" ;
Violences à l’encontre de Modilé Belranger journalite à la station privée Ngato FM et de Frank Nakingar de l’hebdomadaire "Sarh Tribune".
Les défenseurs se trouvent également dans la ligne de mire du pouvoir.
M. Dobian Assingar, président d’honneur de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH), et directeur de la station privée "FM Liberté" fermée sur ordre du Ministre de l’Intérieur le 16 janvier 2008 se cache depuis les évènements.
Deuzoumbe Daniel Passalet, Président de Droits de l’Homme Sans Frontières a également reçu la visite de la police à son domicile.
L’UIDH craint pour la sécurité de Mme Jacqueline Moudeïna, présidente de l’Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH), Mme Delphine Djiraibe Kemneloum, vice-présidente de l’ATPDH, M. Massabalaye Tenebaye, président de la LTDH, de M. Jean-Bernard Padaré, avocat et membre de la LTDH, M. Clément Abaifouta, membre de l’Association des victimes de crimes et de la répression politique (AVCRP), M. Lazare Kaoutar Djelourninga, vice-président de l’ATPDH, M. Ismail Hachim Abdallah, président de la section de Moundou de la LTDH, et M. Lou Hingané Nadji, membre de la section de Moundou de la LTDH.
La décision du Président Idriss Deby de décréter l’état d’urgence sur toute l’étendue du pays pour ramener l’ordre fait redouter le pire. En effet, outre le couvre feu instauré, cette décision inique "autorise les perquisitions à domicile et le contrôle de la presse publique et privée pour démasquer les mercenaires et leurs complices locaux". Ce décret sonne comme le prélude à une répression féroce. L’autocensure ou l’exil sont désormais les seules alternatives qui se présentent aux hommes de média, à la société civile et à l’opposition.
Face à cette escalade de la violence, l’UIDH exige des autorités tchadiennes :
l’arrêt des exactions à l’encontre des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme ;
la libération immédiate et sans conditions des opposants arrêtés ;
le strict respect des textes que le pays a ratifiés notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et le texte sur la protection des défenseurs des droits de l’homme :
Enfin, l’UIDH demande à la communauté internationale d’user de leurs prérogatives pour :
garantir l’intégrité physique et psychologique de la population tchadienne ;
faire cesser ce nouveau mode de gouvernement axé sur le règne de la terreur.
Ouagadougou le 18 février 2008
Le Président
Me Brahima KONE
uidh
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