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Djibouti : Assignation à résidence de Jean Noël Abdi

DECLARATION

L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH) suit avec beaucoup d’inquiétudes les évènements en cours à Djibouti.

En effet depuis un certain moment, un mouvement d’exaspération générale se fait ressentir au sein de la population, situation exacerbée par la tenue prochaine des élections législatives dans le pays à la date du 08 février 2008. La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a relevé de nombreux abus perpétrés par le pouvoir sur la population civile (rafles, arrestations et emprisonnement, interdiction de manifester, etc.).

Ainsi, dans la matinée du 1er février 2008, M. Jean Noël Abdi, Président de la LDDH a été empêché de quitter son domicile. Deux individus en civil se présentant comme issus des rangs des forces armées ont été chargés d’exécuter cette assignation à domicile qui selon eux concernait tous les dirigeants de l’opposition et de leurs proches. L’après midi, les deux membres des forces de l’ordre ont été rejoints par six policiers des forces anti-émeute qui ont encerclé le domicile de M. Noël Abdi afin de l’empêcher de sortir.

M. Jean Noël Abdi a régulièrement dénoncé les graves violations des droits humains commises par les autorités djiboutiennes, ce qui d’ailleurs, lui a prévalu de nombreuses tracasseries policières : arrestation et inculpation à six (6) mois de prison ferme assortis de 100.000 FDJ d’amende en mars 2007 ; arrestation le 2 décembre 2007 et transfert au centre de rétention de Nagad, etc.

Cet amalgame sciemment créé par le pouvoir entre défenseurs des droits humains et opposants politiques est un moyen insidieux pour museler à jamais les défenseurs des droits humains. Cette décision constitue une entrave à la liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de réunion et d’association pacifique.

L’UIDH demande aux autorités djiboutiennes :

- la Garantie en toutes circonstances de l’intégrité physique et psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi ;

- l’arrêt de toute forme de harcèlement, y compris judiciaire à son encontre ;

- l’arrêt de toutes les tracasseries à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme à Djibouti afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits de l’homme librement et sans entrave ;

- de se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des instruments régionaux et internationaux que le pays a ratifiés.

Ouagadougou le 04 février 2008
Le Président
Me Brahima KONE

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