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Tunisie : Tentative de déstabilistion du PDP

COMMUNIQUE

Le Parti Démocrate Progressiste (PDP) depuis une certaine période a maille à partir avec le pouvoir tunisien. En effet, lors d’une conférence de presse tenue le 13 avril 2007, le PDP a dénoncé les tentatives de déstabilisation de son parti par le pouvoir. Mouvement d’opposition créée en 1983, le PDP est l’un des rares partis en Tunisie à ne pas recevoir le financement public. Son journal Al-Mawquif ne bénéficie pas non plus des subventions du pouvoir. Elue comme secrétaire générale du PDP à l’issue du congrès de décembre 2006, Maya Jeribi est la première femme à diriger un parti politique en Tunisie. Son parti a toujours milité en faveur d’un meilleur respect des droits humains et des libertés fondamentales. La Tunisie a toujours été pointée du doigt par la communauté internationale pour les violations graves et récurrentes de la liberté d’expression, d’association et d’assemblée. Les responsables politiques comme les défenseurs des droits humains sont régulièrement victimes d’intimidations, de harcèlement, d’arrestations et de détentions arbitraires, de traitements cruels, inhumains et dégradants. Certains cas continuent de défrayer la chronique :
  L’affaire maître Mohammed Abou, membre de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISSP), ancien dirigeant de l’Association des jeunes avocats et membre du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) condamné à trois ans et demi de prison ferme en avril 2005 ;
  M. Zied Fakraoui âgé de 27 ans emprisonné en avril 2005, victime de la loi dite antiterroriste de décembre 2003, en grève de la faim pour protester contre les sévices sexuels dont il a été victime lors des interrogatoires ;
  L’épisode de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH) à travers le blocage de ses financements, l’interdiction de tenir son congrès, la perte des locaux de toutes ses sections régionales, les brutalités perpétrées sur les membres de la ligue ;
  la fermeture du siège de l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT) sur ordre du ministère de la justice, la création d’un comité dit provisoire au sein du ministère de la justice en dehors de tout cadre légal, la mutation de quatre magistrates dans des postes à l’intérieur du pays dans des circonstances exceptionnelles non conformes aux usages, etc. Le PDP est victime du même acharnement de la part du pouvoir : perte des sièges des fédérations régionales de Gabès, Tataouine, Tozeur (dans le sud du pays) Kairouan (centre) et Jendouba (nord), au total une dizaine de sièges régionaux sont « évacués » ou menacés d’être l’objet d’expulsion. Les efforts engagés par les militants et responsables régionaux du PDP pour retrouver des nouveaux locaux sont restés vains. Selon les autorités, « l’affaire n’est autre qu’un contentieux civil immobilier entre un propriétaire et un locataire ». L’UIDH dénonce ces actes de liquidation, de musellement savamment orchestrés par le régime du Président Zine el-Abidine Ben Ali. Tout en manifestant sa solidarité au PDP et partant aux organisations de la société civile tunisienne, elle exhorte l’Etat tunisien à se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et autres instruments juridiques régionaux et internationaux qu’il a ratifiés.

Ouagadougou le 30 mai 2007
Le Président de l’UIDH
Me Brahima KONE

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