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Darfour : Déclaration de l’UIDH
DECLARATION DE L’UIDH Aujourd’hui 25 mai 2007 marque la date anniversaire de l’émancipation de l’Afrique. En ce jour mémorable, l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH) salue le peuple africain du continent et de la diaspora. Au moment où nous célébrons cet événement, l’UIDH lance un appel à ses organisations membres et à la société civile africaine en général, afin qu’ils soient à l’avant-garde de la lutte pour une libération politique et économique de l’Afrique. Plus d’une décennie après l’indépendance de l’Afrique du Sud dernier bastion du racisme, de la discrimination et de l’exploitation des peuples africains, notre continent reste toujours confronté à de nombreux défis qui affectent sa stabilité, sa sécurité et sa prospérité. De graves violations des droits humains et des libertés fondamentales, des droits économiques, sociaux et culturels aussi bien que le droit au développement sont commis de façon systématique contre les peuples du continent. Pendant que des progrès sont enregistrés dans certaines régions du continent, beaucoup d’Etats sont empêtrés dans des conflits armés ; d’autres sont dirigés par des régimes autocratiques avec comme conséquence l’instabilité socio-économique et politique, la malgouvernance, l’anarchie et la violation des lois fondamentales. L’UIDH s’inquiète des graves violations des droits humains et du droit humanitaire international dans la région du Darfour et de l’Ouest du Soudan. Atteintes graves au droit international à travers des nettoyages ethniques, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les crimes commis au Darfour sont exposés dans un rapport rédigé le 25 janvier 2005 et remis au Conseil de sécurité sous le titre "... no less serious and heinous than genocide..." ("aussi graves et abominables qu’un génocide"). Ces crimes comprennent le meurtre systématique de civils, la destruction de leurs moyens de subsistance, le déplacement forcé de la population, etc. L’UIDH condamne l’usage systématique du viol et de la violence sexuelle contre les femmes du Darfour, actes commis dans le seul but d’humilier et de briser la résistance des populations de la région. L’UIDH est profondément préoccupée car elle constate que la situation au Darfour est entrain de polariser la population africaine sur des critères raciaux. Les Etats africains au Nord du Sahara et membres de la Ligue Arabe supportent le gouvernement du Soudan dans son refus catégorique de coopérer avec l’Union africaine et l’Organisation des Nations Unies tentant difficilement de protéger près de trois millions de civils entassés dans des camps de réfugiés misérables implantés à travers le Darfour et tout au long des frontières internationales du Soudan. L’UIDH félicite tous ces Etats africains au Sud du Sahara qui ont exprimé leur volonté pour une intervention rapide et pour la protection de la population civile du Darfour. L’UIDH demande au gouvernement du Soudan : 1. Le strict respect et inconditionnel de ses obligations par rapport à l’Acte Constitutif de l’Union africaine (UA), la Charte de l’Organisation des Nations Unies (NU), la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, et tous les autres traités régionaux et internationaux des droits de l’homme auxquels le Soudan est partie prenante. Il devrait immédiatement mettre fin à toutes les attaques perpétrées contre les populations civiles au Darfour et plus particulièrement aux meurtres, la destruction des villages et les déplacements forcés des populations. Il devrait veiller à mettre fin à tout appui, y compris le ravitaillement des miliciens Janjaweed. 2. Une assistance à toutes les organisations humanitaires internationales et l’accès immédiat et total, sans risques et sans obstacles aux personnes affectées pour faciliter la distribution de l’aide humanitaire. 3. Le strict respect de l’engagement pris à Addis-Abeba en novembre 2006 pour faciliter le déploiement d’une force hybride de maintien de la paix UA/NU pour protéger la population civile dans la région. 4. La coopération totale et inconditionnelle avec la Cour Pénale Internationale dans ses efforts pour engager des poursuites et traduire en justice toutes les personnes suspectées de perpétrer le nettoyage ethnique, les crimes de guerre et crimes contre humanité. Enfin, l’UIDH encourage tous les Etats membres de l’UA à respecter leurs décisions d’empêcher le Soudan d’occuper un quelconque poste de responsabilité au sein de l’UA ou autres organismes subsidiaires aussi longtemps que le gouvernement du Soudan et ses agents, y compris les miliciens Janjaweed continueront leur campagne d’extermination et de destruction au Darfour. Ouagadougou le 25 mai 2007
Le Président de l’UIDH
Me Brahima KONE
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